Anagnoste : un lecteur parmi tant d'autres

Quelques notes sur mes lectures. Des témoignages sur les manifestations consacrées aux polars et romans noirs.

30 octobre 2009

"La maison du peuple" et "Compagnons" de Louis Guilloux ou il m'arrive parfois d'avoir de l'intuition

Une critique de Patrice Lestrohan dans "Le Canard Enchaîné" de cette semaine signale la sortie chez Gallimard en un seul tome de six romans ou récits de, je cite  "l'un peu oublié Louis Guilloux". Parmi ces six œuvres on trouve  "La maison du peuple" et "Compagnons". Y retrouvera-t-on la merveilleuse préface d'Albert Camus ? Si elle n'y figure pas on la retrouvera dans ce précédent message.

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03 octobre 2009

Mygale : Thierry Jonquet

Pour participer à l'hommage à Thierry Jonquet j'avais décidé de découvrir un nouvel ouvrage.  Le choix s'est fait par hasard, un livre court, sur les rayons de ma librairie préférée: Mygale. Je ne le regrette pas bien au contraire.
Il s'agit d'un vrai polar. Un roman policier sans policier, selon Jean Bernard Pouy, avec tout ce qu'il faut de noirceur.

Une histoire banale, celle d'un hold-up qui tourne mal, d'un petit malfrat sans envergure qui tente de s'enfuir avec son "maigre butin" et ce par tous les moyens ......

On découvre en même temps, un brillant chirurgien qui mène une double vie en séquestrant Eve, "une créature de rêve"....  Il lui fait subir de nombreux sévices, la forçant à se prostituer dans d'horribles conditions. Mais ce mister "Hyde" a parfois un côté docteur "Jekyll". Il lui arrive de soigner sa "proie", son "esclave", sa "propriété", lui manifeste de nombreuses preuves d'attention, lui fournit les moyens de se cultiver, de peindre et de jouer du piano...  Eve est douée ses progrès sont réels, le jazz a ses préférences....

Mais pourquoi Richard Lafargue se met-il hors de lui lorsqu'il entend les premières notes de "The man I love"?

Un livre bien construit, l'intrigue se met en place progressivement, les chemins des différents protagonistes finiront bien entendu par se rejoindre, le procédé est classique. Mais le traitement original d'un sujet qui l'est aussi, une écriture agréable et les divers rebondissements qui ménagent le suspens retiennent l'attention du lecteur jusqu'à la fin. Il est difficile de quitter le livre une fois ouvert.

Un bon roman noir.

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Enclave : Philippe Carrese

"Le bal des cagoles", un choc un roman noir, et non pas la pagnolade que j'imaginais comme pouvait le laisser penser le titre. C'est ainsi que je découvris l'auteur Philippe Carrese.

Je poursuivis par un ouvrage déjanté, "Le successeur". Il me fut difficile de ne pas faire un rapprochement avec le "Da Vinci Code" que je venais de lire à l'époque. ( No body's perfect!....)

Et puis après avoir découvert son univers cinématographique avec Malatera, un western provençal tourné en patois et  Libérata et je me plongeai dans ses "Introuvables" - Filet Garni-, -Tue les à chaque fois- et -Pet de mouche et la princesse du désert- Ce dernier ouvrage fut présenté, fin des années 80 comme "un roman d'anticipation politique". Des évènements  récents tendraient à prouver que la fiction a, hélas, été rattrapée par une certaine réalité. Imagination de l'auteur rattrapé par la réalité ou une véritable perception de l'état de la  société et de ses dérives. Cette capacité à faire cette analyse bien avant que "psy....." , politologues et spécialistes de tou poils s'eemparent du problème des banlieues pour le constater, le décrire, l'analyser  pour essayer de le comprendre et si possible d'y remédier est à mettre au crédit de l'auteur.

J'ai été informé de la sortie de son dernier livre "Enclave" par Bibliosurf et Marie Laurence m'en a dit le plus grand bien.

C'est un excellent ouvrage. Dans un genre nouveau Philippe Carrese explore les caractères des individus et essaie d'attirer l'attention du lecteur sur le fait que rien n'est jamais définitivement acquis. Différentes lectures pourraient en être faites. Un message d'espoir, il y a toujours une possibilité de s'échapper et de quitter l'enclave, de sortir de la nasse. Mais attention une fois dehors, la partie mauvaise de la nature humaine peut reprendre le dessus et faire tout basculer de nouveau.

On retrouve dans l'écriture, le cinéaste et le réalisateur, on se projette durant tout le récit dans le camp, la montagne, les chantiers. Un livre dur, qui ne donne pas forcément le moral, mais qui interpelle.

Espérons que ce livre n'aura pas un caractère prémonitoire comme on a pu le constater auparavant.

Pour retrouver l'interview de Philippe Carrese sur Bibliosurf

et pour en savoir plus et éventuellement l'acheter.

Enclave
Achetez ce livre sur Bibliosurf

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29 août 2009

"Mort en ligne" Anne Roche

Un polar assez classique qui se déroule entre Marseille et Paris dans le milieu de la musique baroque. SOS assassin, écoute celles et ceux qui, de façon anonyme, viennent faire part de leur projet criminel et autre désir meurtre. Moyen  de prévention selon les bénévoles de l'association, cette manière de procéder n'est-elle pas trop risquée? La question se pose lorsque un jeune musicien est assassiné et que se produit une série d'attentats.   

Le milieu de la musique baroque occupe une part importante dans le livre.  Il est difficile de ne pas faire le lien avec "Meurtres au philharmonique" de Batia Gour. Les quartiers sud de Marseille, souvent objets de railleries, sont mis à l'honneur, sortant un peu des clichés véhiculés ces derniers temps. Un clin d'œil à Jean Claude Izzo, n'y a-t-il pas un peu de Fabio Montale chez Fabio Nardi? L'écriture est  très soignée, agréable à lire, l'intrigue bien construiye, il ne manque pas grand chose pour arriver vraiment à faire vibrer le lecteur. 

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4è de couverture

Questions pour un auteur :

Alain Germain : Pourquoi un roman noir ?
Anne Roche : Parce que c’est moins noir que le quotidien.
A.G. : Pourquoi ce titre ?
A.R. : Lignes du téléphone, d’écriture, de vie, de mort.
A.G. : Pourquoi la musique ?
A.R. : Sans musique, la vie serait une erreur
A.G. : Pourquoi ces attentats sans victimes ?
A.R. : Ils améliorent l’architecture.
A.G. : Qui est l’assassin ?
A.R. : Ne commencez pas par les dernières pages...

S.O.S. Assassins : un réseau d’assistance psychologique, ou un service effectif ?  Ceux qui y ont recours, qu’attendent-ils vraiment ? Les lignes téléphoniques font se croiser des destins individuels et une intrigue peut-être politique. Des petits meurtres entre amis qui s’ouvrent sur des attentats beaucoup plus inquiétants...


Le bonus,

Ce roman fait suite à un projet de scénario co-écrit avec Bernard Obadia en 1996. on peut le trouve sur le site litt-and-co et on peut le consulter en ligne.

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25 août 2009

"La maison du peuple" Louis Guilloux

J'ai découvert Louis Guilloux, non pas à travers un de ses livres, mais au travers d'un ouvrage dont il est le personnage principal. Dans "L'Interprète" Alice Kaplan,* universitaire américaine, historienne, revient sur la période de la libération. S'intéressant aux crimes commis par des soldats de l'armée américaine dans la France libérée et la façon dont ils sont traités, elle met en scène « L'interprète » dont la présence s'avère indispensable lors des enquêtes et des procès qui suivront. Louis Guilloux témoin privilégié, constatera et dénoncera "l'absence d'équité" dans le traitement de ces affaires selon que les accusés soient noirs ou blancs. Il dénoncera ce déni de justice.*(le passage consacré à cet ouvrage se trouve vers la fin du message)

Après avoir lu j'ai eu envie d'en savoir plus sur l'interprète par ailleurs écrivain lui-même. C'est ainsi que je découvris qu'il jouissait d'une certaine notoriété et mon choix, pour découvrir son œuvre s'était laissé guidé «Le sang noir»

Le hasard  en a voulu autrement, parcourant à mon habitude les étagères d'un bouquiniste, j'ai découvert « La maison du Peuple » dans une édition du livre de poche, son premier roman; publié en 1927, qui plus est préfacé par Albert Camus,

Comme pour « Des souris et des hommes » avec la préface de Joseph Kessel, il me paraît impossible de faire autre chose que rapporter cette fois les propos d'Albert Camus.


La 4° de couverture. (extrait de la préface)

"Voilà le grand art de Guilloux qui n'utilise la misère de tous les jours que pour mieux éclairer la douleur du monde. Il pousse ses personnages jusqu'au type universel, mais en les faisant passer d'abord par la réalité le plus humble. Je ne connais pas la définition de l'art, et, si tant d'écrivains aujourd'hui font mine de s'en écarter, c'est qu'il est plus facile d'étonner que de convaincre. Guilloux s'est privé de cette facilité. Son goût presque désordonné pour les êtres, la longue confrontation qu'il poursuit avec le monde intérieur grouillant de personnages l'ont porté comme naturellement à l'art le plus difficile. Pour moi, qui viens de reprendre tous ses livres , il ne fait aucun doute que cette œuvre ne se compare à aucune autre."

Albert Camus

Dommage cependant que l'on ne sache pas à quelle date Albert Camus écrivit cette magnifique préface.

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22 août 2009

"L'erreur est humaine" Woody Allen

L'inconditionnel  du réalisateur et de l'acteur que je suis n'avais jamais eu l'occasion de lire l'auteur Woody Allen. C'est maintenant chose faite. Parcourant les rayons de la bibliothèque de Cécile et Gaby chez qui j'ai passé un agréable séjour, il y a quelques semaines, je repérai le nom de Woody Allen sur la tranche d'un livre jaune, pris en main "L'erreur est humaine" et commençai à en parcourir les premières pages.

C'est ainsi que je plongeai dans les malheurs d'une famille new-yorkaise très respectable et pour laquelle le déplorable échec d'un  enfant de 4 aux tests d'admission dans le "meilleur" établissement de New York aura des conséquences inattendues. Je dus interrompre ma lecture et reposer l'ouvrage à contre cœur, attendant avec angoisse quelles  seront les conséquences de ce drame. Ne  voulant pas manquer à tous mes devoirs et désireux de manifester ma reconnaissance à mes hôtes, il n'aurait pas été convenable, suivant mon instinct, que je m'assisse comme les gosses dans les librairies et les bibliothèques, pour poursuivre la lecture de cette première nouvelle. Cécile et Gaby n'ayant aucune objection à me prêter des livres, j'attendis un moment plus opportun pour découvrir "L'erreur est humaine"   et la fin tragique de cette tragédie.   

L'auteur, l'acteur et le réalisateur, ne font qu'un maniant avec talent l' humour, la dérision et l'absurde. Désopilant, décalé, "L'Erreur Humaine" ne décevra ceux qui apprécient les films de Woody Allen. Un grand moment de bonheur.

Woody Allen"[a] des questions à toutes vos [nos] réponses."

et de poursuivre

"En résumé, j'aimerais avoir un message un peu positif à vous transmettre. Je n'en ai pas... Est-ce que deux messages négatifs, ça vous irait?" 

On en peut qu'être d'accord avec sa proposition.


La 4° de couverture.

"Ce que je sais en physique, c'est que pour un homme se tenant sur  la berge, le temps passe plus vite que pour celui qui se trouve en bateau -surtout su ce dernier est avec sa femme?"
Dans L'erreur est humaine, Woody Allen renoue avec un sens du décalage, de la dérision et de l'absurde qui rappelle l'esprit de ses premiers films. Avec comme toujours , des dialogues à hurler de rire"

9782081203679

A lire sans modération!

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21 août 2009

"La frontière" de Patrick Bard

Encore une découverte au dernier FIRN à Frontignan. Le Festival International du Roman Noir, porte bien son nom et les derniers mots, Roman Noir prennent leur vraie valeur une fois encore à la lecture de cet ouvrage.

Un grand reporter du plus grand quotidien espagnol part en reportage au Mexique, à Ciudad Juarez, pour enquêter sur une série de crimes inexpliqués. Des corps de femmes, affreusement mutilés, sont retrouvés sans qu'aucune enquête aboutisse. Il s'agit d'ouvrières de maquiladas, ces usines implantées au Mexique, et dans lesquelles elles fabriquent à la chaîne, toutes sortes de produits manufacturés pour les grandes entreprises multinationales. Sont-elles victimes de tueurs en série, comment expliquer ces horribles mutilations et les sévices effroyables qu'elles subissent avant de mourir? Que fait la police? Sont-elles victimes de rites anciens, menés par les  descendants des peuples qui sont venus s'établir dans le pays? Voilà de quoi faire d'excellents papiers... et un super sujet pour le journaliste Toni 

Roman noir disions nous, c'est beaucoup plus en réalité.Dans le cas du livre de Patrick Bard le terme de roman est peut être mal choisi. Si l'on en croît l'auteur et pourquoi ne pas llui faire crédit, l'effroyable histoire qu'il raconte est basée sur des faits réels, un tel scénario aurait sans doute eu du mal à franchir la série B au cinéma. Et encore si cette série existe-toujours. 

Patrick Bard a expliqué durant le débat avoir longtemps enquêté avant d'écrire ce livre. Est-il Toni? quelle est la part de l'auteur dans son héros?, c'est ce qui confère probablement à l'ouvrage son caractère romanesque pour le reste il affirme que ces histoires sont réelles. Aussi n'hésite-t-il pas à poursuivre en affirmant que le Mexique est le pays le plus dangereux du continent Sud Américain, celui où le crime est le plus prospère, allant peut-être à l'encontre d'idées reçues.


La 4 de couverture

À Ciudad Juárez, les grandes firmes mondiales profitent d’une main d’oeuvre docile et bon marché pour faire pousser leurs filiales comme des champignons et avec elles la misère, la prostitution, la violence et même la mort.

Des cadavres de jeunes ouvrières ont été trouvés aux abords de la ville, épouvantablement mutilés, éviscérés, décapités. Est-ce l’oeuvre d’un psychopathe ? La machination d’une secte satanique ? Ou un règlement de compte entre narcotrafiquants ?

Envoyé par son journal pour une enquête de quelques jours, Toni Zambudio, en débarquant dans la ville où même le diable aurait peur de vivre, ignore qu’il vient de tirer le fil d’un écheveau sanglant qui le conduira sur la piste d’un ennemi plus terrifiant encore et dont le pouvoir est à la mesure de ce qui se joue du côté mexicain de la frontera.

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A la lecture de ce livre on ne peut pas ne pas faire le rapprochement avec "Dans l'ombre du Condor". de Jean Paul Delfino

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20 août 2009

"Balagan" d'Alexandra Schwartzbrod

Encore une découverte suite à un échange de bons procédés.

_Tenez, vous devriez lire "La tête en friche" c'est un bijou.

Je ne suis pas peu fier d'avoir pu faire découvrir directement ce roman à plus d'une vingtaine de personnes et le groupe ne cesse de grandir. Signalons au passage que  l'adaptation cinématographique sous la direction de Jean Becker devrait sortir prochainement dans les salles.

Caroline, après avoir été séduite, l'a conseillé à son tour  à Corinne, une nouvelle voisine, que nous retrouvons régulièrement à l'occasion des vacances.

_Puisque vous semblez également apprécier les polars, en voici un qui devrait vous intéresser, suggéra-t-elle à son tour.

Et c'est ainsi que je me plongeai dans "Balagan". Un mauvais jeu de mots qualifierait cet ouvrage de  "détonnant", voire "d'explosif".
Un diplomate français en poste d'observateur à Jérusalem après le début de la deuxième intifada est le témoin d'un premier attentat qui ravage le quartier juif de la vieille ville. Quelques instants plus tard un second attentat analogue au précédant frappe cette fois le quartier arabe de la vieille ville. L'affaire est confiée au commissaire Landau, brillant policier intransigeant et plein de certitudes et de préjugés, investi corps et âme contre le terrorisme. Eli Bishara, un autre officier de police, arabe israélien, qui n'a plus la confiance de Landau est amené à s'intéresser lui aussi à ces attentats, très vite suivis d'une autre série ...

Alors s'engage une course contre la montre. Identifier les terroristes n'est pas aussi simple qu'il n'y parait. Les attaques dirigées contre les deux camps juifs et arabes laissent perplexe Landau...

L'ouvrage fourmille de détails la vie quotidienne. Alexandra Schwartzbrod évoque à travers ses personnages une situation plus complexe que ne le laisse appréhender les évènements tragiques faisant la une de l'actualité quotidienne. Le diplomate et les journalistes étant là pour apporter un point de vue objectif . Les points de vue des différents protagonistes, diplomate revendiquant un point de vue neutre et objectif, journalistes à la recherche de l'information et partie prenante du processus, les relations entre la presse et les servivers officiels, le rôle des relations personnelles, le jeu du politique, , la concurrence au sein des services, entre les services, la vie au quotidien des habitants, de tous les habitants, de cette ville où le danger est permanent offrent un éclairage intéressant soulignant l'extrême complexité de la situation. 


La 4° de couverture. (celle de l'éditeur)

Quelques mois après l'éclatement de la deuxième Intifada, deux attentats sanglants ravagent les toilettes du quartier juif puis celles du quartier arabe de la vieille ville de Jérusalem. L'affaire est confiée au commissaire Landau, un policier réputé pour son engagement sans failles contre le terrorisme. Accouru sur les lieux des drames, un autre policier va s'y intéresser, Eli Bishara, un inspecteur arabe israélien que tout oppose à Landau. Cantonné depuis l'Intifada dans les affaires de mœurs, Bishara recherche une Israélienne disparue dans la vallée du Jourdain mais son enquête le ramène aux attentats de la vieille ville. Des salles de jeux de Tel Aviv au marché bédouin de Beer Sheva dans le désert du Neguev, des filières de la mafia russe aux colons d'Hebron, de Ramallah à Bethléem, "Balagan" - mot russe qui veut dire "bordel" en hébreu - raconte la violence, l'intolérance et les problèmes d'identité qui secouent Israël et les territoires palestiniens. Jérusalem, ville où coexistent Dieu et le Diable, en est l'héroïne principale.

9782234055940_G

Ce livre a obtenu le Prix du Polar SNCF en 2003, si j'avais participé à ce vote je lui aurais probablement donné ma voix.   

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19 août 2009

"Iouri" de Pia Pettersen

Elle était venue signer son livre il y a quelques mois chez Lionel mais je n'avais pas pris le temps de le découvrir avant cette rencontre. Le titre ne me parlait pas, pas plus que la quatrième de couverture, celle imprimée et non pas celle figurant sur le site de l'éditeur. Et pourtant, j'aurais du une fois encore me méfier, pareille mésaventure m'était déjà arrivé. Lionel m'avait dit avoir bien aimé l'ouvrage sur lequel il avait déposé les fameux les post-its roses signalant au passage ses coups de coeur, et j'avais pu vérifier le bien fondé de son jugement entre autre avec le second ouvrage de Pia Petersen "Parfois il discutait avec Dieu"

Je retins essentiellement du débat des échanges sur la difficulté de répondre au " besoin" de sécurité exprimé(?), ressenti(?), par une grande majorité de la population  tout en préservant au mieux(?) la liberté individuelle. Pia Petersen afficha une position assez tranchée sur la question, choquant parfois l'assisance qui, ne partageant pas toujours son point de vue, émit quelques réserves. Ce fut le cas en particulier d'Alain qui ayant lu le roman, reconnaissait sa force mais avait cependant quelques difficultés à adhérer à la thèse exposée. J'avais apprécié le premier livre de Pia Petersen, mais j'avais beaucoup de livres en attente et le débat m'avait un peu mis mal à l'aise, je n'avais pas cru bon de le ranger parmi les priorités. J'ai pris le temps depuis de combler une partie de mon retard.

"Parfois il discutait avec Dieu" était un livre violent et touchant à la fois. "Iouri" est d'une violence extrême, un véritable roman noir, qui se lit d'une traite. Attention à ne pas lire le prologue un soir d'hiver, dans une maison isolée, alors que les éléments sont déchaines, on risque la chair de poule. Un peu comme lorsque démarraient sur le poste de TSF les premières notes du  générique de l'émission "Le maitre des mystères". Il est à noter qu'il fait partie dune série d'ouvrages très noirs lus ces derniers temps : Versus d'Antoine Chainas,  "La frontière" de Patrick Bard, lui aussi découvert à Frontignan,  et dont il sera question ici prochainement.


La 4° de couverture ( celle que l'on peut lire sur le site de l'éditeur)

L'insondable et talentueux Iouri, brillant artiste plasticien hostile aux mesures sécuritaires de notre époque, s'engage dans une démarche artistique radicale. Son étrange changement d'attitude alarme la narratrice qui partage sa vie.

Depuis quelques temps, Iouri paraît tellement préoccupé par sa prochaine exposition qu'il réagit de manière agressive et s'enfonce progressivement dans la taciturnité, au grand désespoir de ses proches. L'artiste attribue sa nervosité au nouveau projet qui l'anime, mais sa compagne, en proie à de terribles doutes, se met à l'épier avec un effroi mêlé de fascination pour tenter de comprendre le comportement trouble de Iouri. Lorsque ce dernier invoque en termes évasifs le droit au crime comme dernier bastion de la liberté, la jeune femme envisage la possibilité que le meurtre soit à la source de sa démarche artistique. Peu à peu, les soupçons de la narratrice affolée se muent en une quasi-certitude que seules contestent les contradictions du doute tiraillant encore son esprit. Iouri se refusant à parler de son projet, la jeune femme amoureuse puise une interprétation dans un réel lacunaire, afin d'élaborer une pensée susceptible d'anticiper et de légitimer l'œuvre la plus terrible et la plus absolue de son compagnon.

Avec ce récit haletant glissé comme par fraude dans l'atmosphère parisienne d'une galerie d'art, l'auteur nous confronte aux enjeux politiques de notre temps et à un mode de résistance qui pervertit l'ordre moral. Pia Petersen interroge ici l'engagement politique de l'artiste, tout en explorant avec finesse les mécanismes du doute et de l'interprétation du réel. Vif et implacable.


La 4° de couverture (celle qui ne m'avait pas emballé....)

J'aimerais penser à autre chose que Iouri et notre histoire. Penser à autre chose. Mais ce n'est pas possible. il revient dans ma tête, il me hante presque et j'y pense, je n'arrive pas à lâcher prise, comme si c'était une obsession et pourtant il n'y a pas d'obsession, je veux seulement comprendre mais je ne sais pas comment y arriver et peut-être bien que je ne le veux pas. C'est légitime. Il est si sombre et réservé et quelqu'un doit être là pour lui. pour comprendre, il faut que je m'engage avec lui dans le noir, que j'aille avec lui dans son gouffre masi j'ai peur de ce que je vais découvrir...

9782742780358


cet ouvrage est en compétition pour la sixième édition du "Prix Marseillais du Polar",  il ne serait pas étonnant qu'il se retrouve bien bien placé, voire récompensé.  A suivre donc....

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13 août 2009

"Versus" d'Antoine Chainas

Lors d'une visite à la librairie L'IRIS NOIR rue Trousseau à Paris, après avoir fait un rapide tour des lieux, et cherchant le rayon polar j'engage la discussion avec le libraire.

_Auriez-vous des ouvrages d'auteurs marseillais de polars ou de romans noirs?. Je suis toujours curieux de savoir comment "s'exportent" les auteurs que je rencontre régulièrement dans les manifestations régionales. S'en suivit l'inévitable débat autour du "polar marseillais".

Ce débat semble clos depuis longtemps à Marseille,  il y a des auteurs marseillais de polars, ils sont nombreux comme se plait à le souligner  Gilles Del Pappas mais il n'y a pas ou plus à proprement de d'école marseillaise du polar. Depuis 6 ans est attribué le Prix Marseillais du Polar et non pas le Prix du Polar Marseillais. Il semble reconnaître le talent de Karine Giébel, il apprécie Marcus Malte. Il est plus réservé les autres auteurs. L'accord se fait pour conclure qu'il n'y a que de bons ou mauvais polars. J'étais tombé sur un coriace! Jean-Yves Bochet, car c'est de lui dont il s'agit, est chroniqueur de l'émission "Mauvais Genres" sur France Culture et spécialiste du polar.

_Alors que faut-il lire aujourd'hui comme auteur français?

_Antoine Chainas, me répond-il du tac au tac.

_Quel livre me conseillez-vous alors?

_Versus, pour commencer.

Je fis donc une  infidélité à Lionel et j'achetai le dit ouvrage. Je ne peux que me féliciter de ce choix. La lecture de ce vrai roman noir fut un régal. Ce fut un vrai plaisir que de découvrir ce vrai polar présenté  ici par Jean-Yves Bochet.   

La lecture de Versus ne laisse pas le lecteur indifférent, elle décape. "Du polar sévèrement burné" n'hésite pas à écrire Hubert Artus

Attention cependant : âmes sensibles s'abstenir.

Versus3_copie   


La  4° de couverture

Si le major Paul Nazutti n’a pas la réputation d’être un tendre, c’est qu’il est en guerre. En guerre contre les tueurs d’enfants, les pervers, les hommes, les femmes, les hétéros, les homos, les syndicalistes, les noirs, les chômeurs, les touristes, les cadres, ceux qui savent tout et les autres… En guerre contre le monde entier : une guerre totale menée par un esprit radical sans limites. Combien de temps peut-on vivre dans un tel flot de rage ? Nazutti, responsable de la brigade des mineurs, visage carré, regard franc, révulse et fascine tous ceux qui le croisent. En a-t-il trop vu ? Trop fait ? Il sait qu’il ne laissera qu’une trace dans les statistiques et n’a que faire de la rédemption. Un énième tueur croise sa route. Ce dernier abat des pédophiles et les enterre auprès du corps de leur ultime victime. D’étranges poèmes accompagnent ces mises en scène. Nazutti connaît. Nazutti souffre. Le fauve est lâché…


les autres projets de 4° de couvertures peuvent être consultés sur le blog d'Antoine Chainas 

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