09 juin 2008
Le bus dans la ville Yahia Belaskkri (deuxième)
Juste un mot pour signaler l'excellent article rédigé par Holden sur "Le bus dans la ville" . On peut le lire dans le Webzine Envrak.
04 juin 2008
Tout Desproges
Je possède dans ma bibliothèque un exemplaire des "Chroniques de la vie ordinaire", j'ai découvert son "Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis" à la médiathèque.
Je consulte régulièrement "Les pensées" de Pierre Dac* qui voisinent avec "Le dictionnaire des mots qu'il n'y a que moi que les connais" de Jean Yanne, "Le Dico de la contrepèterie" de Joêl Martin , "Les aphorimes" d'Oscar Wilde" ainsi que quelques tomes de "brèves de comptoir" de Jean Marie Gourio.
*Et comme il est aussi question de polar dans ce blog je ne résiste pas à citer les incontournables "Bons baisers de partout" : L'Opération Tupeutla-1 , 2 et 3 dans la collection Librio.
Pierre Desproges a disparu voilà vingt ans. Son éditeur a eu l'idée (la bonne?) de réunir l'intégralité de ses textes en un seul ouvrage. "Tout Desproges"
Je me suis laissé aller à la facilité et l'ai donc acheté. Je ne suis pas convaincu par, la typographie, la mise en page, mais qu'importe l'emballage dans ce cas, les textes n'ont pas pris une seule ride et sont plus que jamais d'actualité.
On y découvre les classiques en particulier ses "Réquisitoires du Tribunal des Flagrants Délires", mais aussi des textes moins connus, sous l'intitulé "Le Petit Reporter" sont rassemblées des brèves publiées dans L'Aurore. (un quotidien parisien aujourd'hui disparu)
L'hygiène impose de faire le ménage, de ranger, de mettre de l'ordre, cette tâche n'est pas toujours exaltante, contraignante, voire liberticide diront certains. Elle permet toutefois de faire d'agréables découvertes. C'est le cas avec "Les fonds de tiroir", textes inédits retrouvés dans des bureaux, secrétaires, commodes ou autres meubles.
extraits des tiroirs ....
HISTOIRES: J'aime bien les histoires qui finissent mal. Ce sont les plus belles car ce sont celles qui ressemblent le plus à la vie.
CHOMAGE: En fait, qui est touché par le chômage? Eh bien, ce sont les pauvres. Mais les pauvres, ça gagne tellement peu que chômage ou pas chômage, il ne voient pas la différence à la fin du mois..
ÉTONNANT NON?
27 mai 2008
Petits crimes contre les humanités : Pierre Christin
Jubilatoire! Un vrai régal. Tel un entomologiste Pierre Christin décrit sans concession,d'une plume acide mais avec humour le monde universitaire tel qu'il est malheureusement ou heureusement. L'intrigue est classique, bien construite, le style agréable mais ce qui l'emporte par dessus tout est le tableau impitoyable dépeint par l'auteur.
Les spécialistes fins connaisseurs de ce monde particulier qu'est le "Système Universitaire" y retrouveront, à coup sûr, des situations vécues et peut -être iront -ils jusqu'à mettre des noms sur certains personnages. C'est un petit jeu qui procure un réel plaisir. Mais au delà du monde particulier de l'Université on peut raisonnablement penser que cette histoire pourrait être transposée dans n'importe quelle organisation publique ou privée.
Ainsi le mandarin (40 ans après mai 68 il sévit toujours....) n'est -il pas l'archétype du patron, du chef du directeur....on pourrait poursuivre loin l'analogie.
"Un univers sans complaisance, mi-loufoque, mi-pathétique restitué avec une plume acide ..." On ne peut que souscrire aux critiques figurant sur la quatrième de couverture.
une critique à laquelle j'adhère.
26 mai 2008
Vadim Bronsky « Dernière mort avant l’oubli » : René Dzagoyan.
Vadim Bronsky « Dernière mort avant l’oubli » de René Dzagoyan.
Il y a quelques semaines mon copain Alain me dit :
- Je viens de lire un policier écrit par un Bivérois, c’est un copain de Marcel, il y est question de Gardanne, je me suis régalé! -
Pourquoi cette méfiance pour ce livre écrit par le copain d'un copain dont j'ignore les goûts en matière littéraire, je ne saurais expliquer cet a priori, mais devant son insistance je me suis plongé dans l’univers de ce flic désenchanté.
Tout d’abord première surprise, l’histoire se déroule à Paris et nous entraîne dans différents quartiers de la Capitale. Je l’avais sans aucune raison classé dans la catégorie du Polar Marseillais, ou du moins ceux dont l’intrigue se déroule dans le midi. …
Extrait de la quatrième de couverture:
"Paris sous la pluie. Dans une petite chambre du XVème arrondissement, un vieux une balle dans la poitrine. Suicide, apparemment. Cadavre sans importance. Sauf pour Vadim Bronsky, inspecteur à la Criminelle qui, entre Greta qui l'a lâché et le Scotch qu'il ne lâche plus, se cherche des raisons de vivre en fouillant dans la vie des autres. Commence alors un long voyage entre les bas-fonds et les beaux quartiers...."
Le style est plaisant, des formules bien tournées
apportent une pointe d’humour à laquelle je suis sensible et assez fréquente
dans ce genre de roman.
Avram, le père « poule » du héros est très
attachant bien que l’auteur se refuse à nous en dire plus sur son histoire et
qui il est réellement.
Constatant que Mimi, son assistante gardannaise, possède un téléphone portable. « Elle aussi a rejoint la paisible troupeau des murmurants »
Une autre :
« La jeunesse, parfois ça me dépasse
l’entendement, tellement ça s’entraîne à devenir con dès le plus jeune
âge »
« Tous ces longs massacres inutiles d’un côté
comme de l’autre et chacun pour sa part, ça ne donne pas envie aux hyènes de
devenir des hommes, vu qu’elles au moins se dévorent pas entre
elles ! »
et la dernière…
« De tous les cons qui n’ont rien à dire, disait l’autre, le plus agréable sont ceux qui se taisent. »
A lire d'une traite.
24 mai 2008
Les morsures de l'ombre: Karine Giébel
Un policier se retrouve séquestré dans une cave il s'interroge sur les raisons de son enlèvement, qui peut lui en vouloir au point de lui faire subir un traitement d'une rare cruauté. Une course contre la montre s'engage dès lors pour essayer de le retrouver.
L'auteur de "Terminus Elicius" et de "Meurtres pour rédemption" nous propose cette fois encore un roman noir, très noir....
Un petit bijou. Une fois plongé dans cette sombre histoire de séquestration il devient impossible de lâcher le livre sans en connaître le dénouement. L'intrigue très astucieuse est servie par un récit construit au cordeau. Karine Giebel excelle à mystifier le lecteur. Elle le conduit dans une forêt inhospitalière, l'abandonne et lui laisse entrevoir quelques cailloux blancs censés lui permettre de s'orienter.
Il y a fort à parier que rares seront les "Petits Poucets" qui arriveront à trouver seuls la sortie de ce labyrinthe. La présence d'une fée ou d'une magicienne s'est avérée en ce qui me concerne une nécessité.
Seule une fée o
26 mars 2008
Quelle attitude adopter par rapport aux JO de Pekin? Avant de répondre relire le livre de F Thomazeau et F Abgrall
Comparaison n'est pas raison. Cependant la lecture ou relecture de l'excellent ouvrage de Fabrice Abgrall et François Thomazeau "1936 La France à l'épreuve des jeux Olympiques de Berlin" montre que le débat qui ocuupe les médias en ce momnet reprend en grande partie les arguments développés par les différentes parties aujourd'hui.
18 mars 2008
Le brave soldat Chveik . Jaroslav Hasek
Adolescent, mon père qui venait de découvrir cet ouvrage m'en dit le plus grand bien et me conseille de le lire. Je crois me souvenir que lecteur assidu du Canard Enchaîné, il avait du lire une critique de cet ouvrage à l'occasion du très bref printemps de Prague et de la terrible répression qui suivit. Il semblait y avoir pris beaucoup de plaisir
J'avoue ne pas avoir saisi l'intégralité du message de Jaroslaw Hasek. Ayant eu l'impression d'être passé à côté de quelque chose de vraiment intéressant, j'ai eu envie de le (re) lire. Après avoir mis sans dessus-dessous la bibliothèque parentale, je trouvai le fameux livre dans un carton que je m'étais enfin décidé à ranger. Il faisait partie de la sélection de livres que j'avais emportés en quittant la maison de mes parents.
C'est un petit chef d'oeuvre. Les (més)aventures de ce Don Quichotte, Charlot, à la fois héros de Jacques Tati et de Kafka sont délicieuses, amusantes et dénoncent avec une rare violence l'esprit guerrier.
Ce maquignon vendeur de chien, qui se reconnait comme abruti, à le don de se mettre dans des situations impossibles. Il s'en suit des aventures désopilantes moyens de mettre en scène de graves problèmes et de dénoncer tous les pouvoirs (armées, religion, puissants).
A lire et relire sans modération
17 mars 2008
Le labyrinthe des légumes : Dominique Delpiroux
Un vrai régal que ce polar édité par l'Ecailler. L'auteur qui a une parfaite connaissance de l'univers "des gens pas comme les autres" arrive à nous créer un véritable suspens, construit avec minutie et qui conduit vers un dénouement qui en supendra plus d'un.
L'histoire se déroule dans un "mouroir pour handicapés". Une jeune assistante nouvellement embauchée dans cet établissement découvre parmi les pensionnaires son ancien professeur d'histoire et établit des relation avec lce que l'on qualifie trop souvent de "handicapés profonds", mettant au jour une réelle humanité. Quelles nouvelles relations Arianne arrivera t-elle à nouer avec Michel Trézène qu'elle retrouve à cette occasion? Qui est -il vraiment?
16 mars 2008
La gloire d'Albert : Etienne Davodeau
Une fois n'est pas coutume. Il sera question de BD.
La semaine passée, Lionel a reçu pour une séance de signature, Kriss et Davodeau dans sa librairie de Gardanne. Séduit par leur travail, il en dit le plus grand bien. Je n'ai jusqu'à ce jour qu'à me féliciter d'avoir suivi ses conseils éclairés. Mais ne pouvant m'offrir tous les ouvrages de sa librairie, il m'arrive d'en emprunter à la bibliothèque communale.
"La gloire d'Albert" est une fable moderne, dans laquelle il apparait que les gentils et les méchants peuvent se retrouver dans des camps politiques opposés. Etienne Davodeau nous raconte une histoire construite sur des codes classiques et dont l'action se déroule dans des lieux dont les noms ne sont jamais cités. Comme le souligne l'auteur, "trouver dans les pages qui suivent une ressemblance avec des personnes ou des faits existants ou ayant existé serait faire preuve de mauvais esprit. Et c'est très vilain". La bande dessinée, bien que je n'apprécie pas forcément ce type de graphisme, donne à cette histoire une dimension et une force qu'elle n'aurait peut être pas eues sous la forme d'un récit en forme de nouvelle.
Et pour ceux qui apprécient ce genre de bande dessinée, qu'ils partent,si ce n'est déjà fait, à la rencontre de "Pauvre Richard", l'excellent travail de Sanz et Nico.
08 octobre 2007
Train bleu train noir :Maurice Gouiran
Maurice Gouiran "Train bleu train noir" Après "Les martiens de Marseille", "Marseille la ville où est mort Kennedy", "Sous les pavés la rage", "Le théorème de l'Engambi", Maurice Gouiran, fin connaisseur de la cité phocéenne nous raconte une nouvelle histoire dont la ville est le théâtre. Comme les précédentes elle est à la fois émouvante et tragique. Les personnages, a priori « sans histoire » ont un destin peu ordinaire. Tout marseillais qui se respecte a entendu parlé un jour ou l'autre de la destruction du quartier du Vieux Port. L'auteur revient sur cet épisode avec une approche originale qui mériterait de plus amples développements. Un très bon livre.
Finaliste du 4 ème Prix Marseillais du Polar






