01 mai 2008
Pédiluve et Bénitier : Dominique Resch suite
Une critique élogieuse de "Pédiluve et Bénitier" sur le site TEAKI .
30 avril 2008
Dominique Resch : Pédiluve et Bénitier : le buzz semble bien parti
"Pédiluve et Bénitier" a l'air de bien démarrer. Ceux qui apprécié cet ouvrage peuvent, s'ils ne l'ont déjà déjà fait, aller faire un tour du côté poulailler et voir ce que font "Les Poules" .
15 juin 2007
Indalecio de Bernard Collet (le style Durassien)
Une semaine après une fort intéressante manifestation à la librairie "Aux vents des Mots" de Gardanne, je me suis interrogé sur la nature du style Durassien, évoqué à propos d'Indalecio. Ayant beaucoup apprécié l'ouvrage de Bernard Collet trouverai-je du plaisir à lire Marguerite Duras? J'avoue n'avoir jamais vraiment été attiré par cet auteur, j'ai essayé d'en savoir plus et une rapide recherche sur la toile m'a conduit sur le site de l'Association Marguerite-Duras et la présentation de son style.
A suivre
24 avril 2007
Cadwallon : Owen Thomas.
Je ne suis pas a priori attiré par les celtes, la science fiction, les légendes. Je n'avais donc pas de raison particulières de m'intéresser à Cadwallon.
François Thomazeau et Georges Foveau ont su attiser ma curiosité. Je n'ai pas regretté le voyage "initiatique" auquel il m'ont convié lors de la brillante prestation qu'ils firent à l'Intermédiaire.
Mes connaissances relatives à la légende du Roi Arthur, aux chevaliers de la table ronde, se résument à la filmographie hollywoodienne!.....
Aussi ai-je eu du mal à suivre toutes les références historiques ou légendaires citées par François et Georges dans leur brillant exposé.
Le polar ou le roman noir sont des genres qui permettent d'aborder des questions de fond et plus sérieuses.
Ce véritable roman policier a une approche tout à fait originale. On y trouve à la fois des faits réels, indiscutables, auxquels sont mêles des héros de légendes. Cela a de quoi dérouter l'amateur de roman policier qui n'aime pas a priori voir le surnaturel se mêler des intrigues qu'il cherche à résoudre. Qu'il se rassure, il n'y a aucun risque à ce niveau. l'intrigue policière ne souffre d'aucun compromis.
Au delà de l'intrigue, ce roman permet de découvrir une histoire de l'"Angleterre", du Royaume Uni et tout particulièrement la naissance de ce royaume sous un angle original. Celui des "vaincus" ....
L'auteur s'intéresse aux vieux manuscrits, à leur fiabilité, à la nature des informations qu'ils contiennent. Ils s'interroge sur l'objectivité des "médias" de l'époque, le rôle des copistes, leur "im"-partialité....Il nous fait découvrir différents peuples, les saxons, les pictes, les irlandais, les gallois, les écossais. Il aborde une question originale, La tradition orale s'avèrerait être plus fiable que les documents écrits qui ne retracent que l'histoire officielle, puisque les documents gênants sont souvent détruits pars les vainqueurs!
Ajoutons à cela un cochon qui parle, un policier noir qui s'appelle "White", une traduction d'une grande qualité, gageons que Cadwallon saura rallier sous sa bannière de nombreux lecteurs.
Pour celles et ceux qui seraient tentés de lire l'ouvrage en anglais, sachez que cet ouvrage n'est édité à ce jour qu'en gallois, la langue de l'auteur. François Thomazeau qui l'a traduit en français, a travaillé d'après une traduction anglaise de Chloe Carleton, ce document validé par Owen Thomas avec lequel François Thomazeau n'a correspondu que par mail n'est qu'une version de travail.
Il n'existe donc pas à ce jour d'édition anglaise de cet ouvrage, l'auteur souhaitant que ses compatriotes fassent l'effort de lire leur histoire dans leur langue.
17 janvier 2007
Le bar du subjonctif : Alain Boussière
Corupsis est l'acronyme de l'association dont l'histoire est relatée dans "Le bar du subjonctif" d'Alain Boussière.
Alain Boussière fut l'objet de nombreux reportages à la télévision. C'est ainsi que je découvris l'existence de Courupsis et du Bar du Subjonctif. Je me procurai ledit ouvrage et le lut avec délectation. Je découvris également sur la toile le site "Corupsis" de l'association. J'y fis quelques promenades. Au bout d'un certain temps je m'aperçus de la disparition du site sur la toile. Je me décidai alors tardivement à adhérer à ladite association, je pris mon stylo plume et rédigeai un lettre que j'expédiai à l'Hôtel de Londres avec le montant de l'adhésion en timbres. N'ayant aucune réponse, je décidai de reprendre ma recherche. Je téléphonai tout d'abord à l'"hôtel de Londres" à Montpazier. J'appris que les anciens propriétaires étaient retournés sur Paris.
Laisser des messages sur Internet est mon dernier espoir pour rentrer en contact avec Alain Boussière.
Cette note réunit l'ensemble de mes élucubrations.
Il serait opportun que l'on vérifiât et que l'on corrigeât ces lignes de blabla
Pour que renaisse enfin le site du CORUPSIS
D'Alain Bouissière un jour, l'ouvrage j'achetai,
Dédié à un temps fort longtemps en sommeil
Subjonctif Imparfait parfait dans ta beauté
Merci au CORUPSIS qui sonna ton réveil.
Sur Internet un jour, le site je trouvai,
De l'hôtel Pardailhan et aussi d'Angleterre,
Siège du CORUPSIS, où le propriétaire
Au temps du passé simple écrivit ses billets.
Il remit à la mode ces jolis temps passés
A tel point qu'aujourd'hui, du fameux quai Conti,
Un académicien reprit à son profit
la magnifique idée qui fut votre bébé.
Hélas sur internet cherchant le site en vain
Déçu je m'aperçus que de place il n'eut plus
Nombreux les orphelins connus ou anonymes
Attendons patiemment que le site revive.
Exercice N°1 tiré de l'ouvrage de Monsieur Bouissière "Le bar du subjonctif "
page 14 Subjonctif contre Impératif.
ce qu'il ne faut pas écrire :
ce qui est déjà mieux :
Remettez s'il vous plaît votre site en ligne.
mais on peut faire un effort:
et si j'ai bien appris la leçon:
Il serait séant que vous remissiez votre site en ligne
N'est ce qu'une pure coïncidence ?
Par quel heureux hasard mes pas furent guidés
vers le cd de "Chanson Plus Bifluorée" ?
La Treizième chanson de ce charmant CD
A Alain Bouissière me semble dédiée.
Chanson Plus Bifluorée : réponse 2
Le titre de ce chef d'oeuvre impérissable reprend le sujet cher à monsieur Bouissière. Il se nomme tout simplement :
Imparfait du Subjonctif
et comme promis voici le texte de cette chanson admirable .
Dès le moment que je vous vis
Beauté torride vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Aussitôt vous vous aperçûtes
Ah fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénuement je vous le disse
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
A l'imparfait du subjonctif
Vous m'avez fait un drôle d'effet
Au présent de l'indicatif
Vos yeux étaient plus que parfaits.
Bien heureux encore que je pusse
Vous parler et que vous puissiez
Dans le tohu-bohu des puces
M'ouir bine que vous chinassiez
Pourtant le je le pus et vous le pûtes
Mais pour que vous me cédassiez
Je dus mentir et vous me crûtes
Sans que vous ne vous méfiassiez
A l'imparfait du subjonctif
Vous m'avez fait un drôle d'effet
Au présent de l'indicatif
Vos yeux étaient plus que parfaits.
Fallait-il que je vous aimasse
Fallait-il que je vous voulusse
Et pour que je vous embrassasse
Fallait-il que je vous reçusse
Qu'en vain je m'opiniatrasse
Que vous me désespérassiez
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez.
A l'imparfait du subjonctif
Vous m'avez fait un drôle d'effet
Au présent de l'indicatif
Vos cheveux aussi me plaisaient
A l'imparfait du subjonctif
Vous m'avez fait un drôle d'effet
Mais au futur interrogatif
Vous laisserez vous conjuguer?
"Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière pensée politique,ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver".
Pierre Desproges
Qu'il me serait séant que ma supplique vaine
Sur ce blog aujourd'hui enfin fût entendue
Et que le CORUPSIS retrouvât un domaine
Sur la toile à présent et qu'il réapparût!
Corupsis Bis
Nous aimerions que vous remettiez votre site en ligne.
Remettez votre site en ligne!
08 janvier 2007
Le gène de la révolte : Thierry Serfaty
A Paris, trois jeunes femmes meurent de manière étrange dans
des conditions horribles. Une vie de famille enfin stable, confortée par une
maternité annoncée est brutalement interrompue alors que rien ne le laissait
présager.
Après une jeunesse difficile, à la dérive, elles auraient pu
rejoindre, sans faire de bruit, la liste de celles et ceux que la chance ignore superbement, ceux qui n'ont pas le
droit de jouer puisque leurs numéros ne font pas partie de la liste des
partants.
Même dans la maladie le sort s'acharne. Les médecins ne peuvent que
constater, la faculté n'est pas en mesure de fournir la moindre explication de
leur tragique disparition, la fatalité....ne convient pas comme réponse
satisfaisante à un jeune policier marginal à tout point de vue, violent,
meurtri et dont la compagne figure parmi les trois victimes. Il veut
comprendre. Il va participer à l'enquête en y associant des personnages aussi
divers qu'un jeune femme médecin gynécologue, un prix Nobel de génétique ainsi
qu'un journaliste expérimenté en fin de carrière et quelque peu désabusé.
Débute alors une enquête passionnante qui démarre en France,
se poursuit en Côte d'Ivoire puis après un bref passage en Allemagne trouve son
épilogue à Paris.
Le thème abordé a déjà été traité de nombreuses fois. Mais la
construction astucieuse de l’intrigue permet à Thierry Serfaty de ne le dévoiler
que tardivement et de créer les conditions d’un climat dont l'intensité
dramatique va crescendo. Le non spécialiste a du mal à faire la part de la
réalité et de la fiction (mais pour combien de temps encore?) Les nombreux
rebondissements qui sur la fin se succèdent à un rythme rapide produisent un
suspens qui tient le lecteur en haleine jusqu'au dénouement. Le mélange
astucieux de "traditions africaines", et sciences dures et de
techniques de pointes ajoute au trouble dans lequel se trouve le lecteur qui
n'a plus d'autres moyens que se laisser guider par l'auteur pour terminer le
voyage.
"Le gène de la révolte" est un ouvrage captivant, documenté,
bien écrit et qui pose bien des interrogations? Un des personnages n’affirme-t-il pas : «Se sentir coupable en génétique
est un acte de vanité »
07 janvier 2007
American Tabloïd James Ellroy
Pour débuter l'année voici un message consacré à l'ouvrage de cet auteur américain reconnu mondialement et que j'ai découvert à cette occasion.
JAMES ELLROY AMERICAN TABLOÏD.
J’ai eu déjà l’occasion d’écrire combien j’ai apprécié French Tabloïds de J H Oppel. J’ignorai alors l’existence d’ AMERICAN TABLOÏD qui lui a servi de modèle. Le nom de J Ellroy ne m’était pas tout à fait inconnu, recommandé par un ancien membre du jury du « Prix Marseillais du Polar » il figurait sur la longue liste des auteurs que je souhaite découvrir. Cela est fait et je n’ai pas été déçu.
« L’Amérique n’a jamais été innocente. C’est au prix de notre pucelage que nous avons payé notre passage, sans un putain de regret sur ce que nous laissions derrière nous. »
Drôle d’entrée en matière.
Quelques lignes plus bas Ellroy poursuit, « Les
hagiographes sanctifient les politiciens
fourbent et trompeurs, ils réinventent leur geste opportuniste en autant de
moments d’une grande portée morale. Notre ligne narrative ininterrompue se
dissout dans le flou, laissant de côté toute vérité, toute sagesse
rétrospective. Seule une vraisemblance impitoyable, sans souci des conséquences, peut redonner la vision nette
de cette ligne dans toute sa rectitude. » Cette mise en garde de
l’auteur pour des raisons évidentes à la lecture du « roman ? »
ajoute au sentiment de malaise, d’impuissance, de dégoût, que l’on éprouve par
rapport à ce qui nous est révélé. Le prénom de Jack est moins connu que celui
de John lorsque l’on évoque Kennedy et pourtant il s’agit de celui qui fut
président. Y – eût –il un John Jekyll K
et Jack Hyde K ? Non si l’on en croît ce qui suit.
« Jack Kennedy a été l’homme de paille mythologique d’une tranche de notre histoire…Il avait du bagou, il dégoisait des conneries et arborait une coupe de cheveux classe internationale. C’était le Bill Clinton de son époque... Jack s’est fait dessouder au moment propice pour lui assurer sa sainteté...L’heure est venue de déloger son urne funéraire de son piédestal et de jeter la lumière sur quelques hommes qui ont accompagné son ascension et facilité sa chute. Une seule seconde de leurs existences eût-elle dévié de son cours, l’Histoire de l’Amérique n’existerait pas telle que nous la connaissons aujourd’hui. »
Et j’ajouterai probablement le monde. La réaction troublée et le sourire crispé de mon oncle lorsque, pas plus tôt arrivé chez mes parents plutôt fier je lui annonçai la nouvelle me firent prendre conscience de la gravité de l’événement. Je n’imaginai pas ce vendredi soir de novembre à l’occasion de l’anniversaire de mes dix ans anniversaire que le « lâche » attentat dont venait d’être victime le jeune président vénéré des foules prenait ses racines dans une histoire qui se dévoile peu à peu et dont les racines profondes semblent avoir aujourd’hui encore des répercussions.
Je regrette mon ignorance de l’anglais et surtout de l’américain pour apprécier le style de l’auteur et exprimer d’une façon objective ce que m’inspirent les nombreux dialogues le plus souvent familiers argotiques, cyniques et grossiers. Le non spécialiste de la civilisation nord américaine que je suis a eu de la difficulté à comprendre certaines allusions et parfois a du renoncer à saisir toute l’intention de l’auteur. Est-ce une question de traduction, j’imagine qu’elle est fidèle ? Le traducteur a un rôle délicat, compliqué et non exempt de risques. Dans « L’art du roman » Milan Kundera exprime quel fut son désarroi, lorsque, en mesure de lire les traductions de certaines de ses œuvres en français ou en anglais, il n’y retrouvait plus rien de ce qu’il avait écrit. On peut penser que l’anglais fut-il l’américain est suffisamment maîtrisé pour que cette question ne se posât point.
Le talent de J Ellroy consiste à faire émerger en permanence un sentiment de dégoût et d’écoeurement tout en démontant un système au service d’un petit nombre et construit sur le modèle des poupées russes. Le malaise va croissant lorsque il décrit les alliances qui se font et défont au grès d’intérêts de mégalomanes laissant de côté les rares individus motivés par un idéal (juste ou non) au profit d’une collectivité. Le racisme, la misogynie, la volonté de pouvoir absolu, l’absence de tout sens moral, le rôle prépondérant de l’argent, sale le plus souvent, la corruption, la violence, les calculs, les coups tordus, les manipulations, la pose de système d’écoute sophistiqués, le chantage les extorsions de fonds, sans oublier la drogue et les pratiques sexuelles des uns et des autres tout y est. On y découvre des personnalités, le célèbre milliardaire Howard Hugues avide de pouvoir, l’intouchable et machiavélique patron du FBI J Edgar Hoover, la famille Kennedy les frères Jack et Robert, Joe leur père, ancien concurrent en affaire de H Hugues, manipulateur aux pratiques et fréquentations peu recommandables, Jimmy Hoffa le très puissant syndicaliste.
Extorsions novembre - décembre 1958 constitue la première partie de l’ouvrage. Les origines du conflit Kennedy, Mafia, J.E Hoover.
Avec le refus du propriétaire de la TWA H Hugues de répondre à des citations à comparaître dans le cadre de la loi antitrust J Ellroy plante le décor et nous fait entrer de plein pieds dans le monde des truands. J Hoffa est soupçonné de détournement de fonds dans la caisse du syndicat et de lien avec la mafia, il doit faire face aux investigations du comité Mc Clellan et de Robert Kennedy. Pete Bondurant l’homme à tout faire apparaît le premier ainsi que les principaux protagonistes policiers, membres de la CIA avocat juristes d’exception.
Collusions janvier 1959 - janvier 1961.
Miami siège de l’agitation cubaine. La Mafia souhaite conserver sur possessions sur l’île et les juteux profits qu’elle en retire. Les pro-Batista et pro-Castro cohabitent à Miami. Un camp d’entraînement illégal est mis en place pour entraîner des réfugiés anti Castro. Joe « organise » l’élection de Jack Bobby devrait mettre en sourdine son combat conte J Hoffa et la Mafia. Ils définissent aussi la position à adopter vis à vous de Hoover et de Cuba puisque son concurrent s’est déjà positionné contre les castristes. Joe fait enfin gagner Jack (tous les moyens ont été bons)
Cochons février- novembre 1961
Bob ne lâche pas le morceau contre la Mafia et le crime organisé et pense arriver à inverser les priorités de JE Hoover. Les préparatifs d’une opération contre Cuba se précisent. Les recrues bénéficient de l’expérience d’un ancien capitaine français nostalgique de l’Algérie fait partie de l’encadrement. Jack Kennedy sera conduit plus ou moins malgré lui à mener l’expédition de la baie des cochons, son frère Bob obnubilé par sa lutte anticorruption ne prend pas la mesure du dossier cubain et son état d’avancement. La CIA ronge son frein la drogue finance une partie des préparatifs.17 avril 1961 l’opération démarre, le raid aérien n’a pas atteint son objectif. J Kennedy accueille mal cette nouvelle et ne donne pas son accord pour un second raid qui serait nécessaire selon les responsables.
Héroïne décembre 1961 – septembre 1963.
La conjuration continue l’argent de la drogue finance les projets des exilés cubains. Les coups tordus succèdent aux coups tordus, Les anti-Kennedy ont réussi à mettre la main sur une preuve catastrophique pour l’image de la famille. Ils comptent ainsi neutraliser l’action de Bob. La mafia qui a contribué à l’élection de Jack Kennedy s’impatiente, elle attend un renvoi d’ascenseur qui n’arrivera pas. Les anti-castristes convaincus se sentent eux aussi floués. La haine de Kennedy va croissant.
Contrat septembre – novembre 1963
Trop de mécontents, les enjeux sont trop important il faut éliminer le président. La préparation du (des) complot(s) relève comme tout le livre d’un machiavélisme hors du commun..
Le roman se termine le 22 Novembre 1963 alors que le convoi présidentiel parcours les rues de Dallas.
30 novembre 2006
Le fils de l'arbre : Fofana Libar d'après A.C
Message posté le 25/11/2005 par M.B et rédigé par A.C
LE FILS DE
L’ARBRE, Roman de M.
Libar FOFANA, Editeur
Gallimard « Continents noirs »
Une écriture qui va à l’essentiel. C’est le premier ouvrage d’un auteur guinéen qui démontre là un vrai talent de conteur. On a la sensation de s’être assis autour d’un feu et d’avoir bu les paroles du conteur qui raconte une histoire dramatique, quelquefois drôle, mais qui raconte aussi la vie comme un vieux sage malicieux, avec beaucoup de poésie. Il y a de la vie de l’auteur dans ce périple, notamment toute la fuite de son pays qu’il a du quitter quand le président Sekou Touré est arrivé au pouvoir et que le père de Libar FOFANA a été emprisonné pendant onze ans.
Ecrivain reçu dans le cadre des rencontres mensuelles des « Voix Auréliennes » le 14 novembre 2005.
Extraits :
p.
32 « - N’na, pourquoi père est-il
malade ? demanda-t-il un jour.
- C’est
le bon Dieu qui le veut ainsi.
- Le
bon Dieu ne nous aime don’ pas ?
- Bakari !
gémit sa mère. Dis vite « Astakhfourlaï », vite.
Le garçon répéta vivement
« Astakhfourlaï », la formule miracle qui efface les paroles avant
qu’elles n’arrivent aux saintes oreilles d’Allah. Son fils sauvé une fois de
plus des tourments de l’enfer, elle lui dit :
- Ne
répète plus jamais cela. Dieu aime tous ses enfants.
- Alors
pourquoi qu’y en a qui sont malades ?
- Je
n’en sais rien. D’abord as-tu fait ta prière ?
- Oui,
mère. Mais pourquoi il faut prier tout le temps ?
- Pour
remercier le bon Dieu pour tout ce qu’il nous accorde.
Bakari regarda autour de lui les divins
présents : deux calebasses, une marmite, un canari et quelques pauvres
vêtements, et songea qu’il n’y avait rien qui justifiât tant de ferveur. »
p.
48 « Il retrouvait ce culte des anciens qui est le fondement des
traditions africaines. C’est un respect profond pour l’âge qu’on apprend très
tôt aux enfants. Ici, chaque enfant a plusieurs parents et grands-parents,
d’innombrables tantes, oncles et cousins. Chaque village est un bouquet d’arbre
généalogiques où tout le monde se perd un peu. Les enfants grandissent
ensemble, dans une même famille aux ramifications complexes, et reçoivent une
éducation commune dispensée par tous les adultes. Tout en assurant l’éducation
des enfants, les hommes entretiennent des traditions qui affirment leur
domination sur les femmes. Cette domination n’est qu’apparente. En réalité, le
pouvoir des femmes est grand. Ce sont elles qui, dans l’ombre des cases, tirent
les ficelles les plus importantes. Alors pour faire croire qu’ils sont les
maîtres, les hommes s’acharnent à rendre compliquées et mystérieuses les
cérémonies les plus simples. »
(Le
griot ) p.54 « Oublier est un privilège de prince, reprit le griot très en
voix. Notre métier est de vous servir de mémoire car que vaut une langue fidèle
quand la mémoire ne l’est plus ? La mémoire, noble assemblée, est une
vieille case où l’on jette les choses en attendant d’en avoir besoin. Un jour
en cherchant telle chose, on trouve telle autre qu’on croyait avoir perdue. Les
mots ne sont que des habits pour la parole. Certains en dissimulent le sens
plus que d’autres. Chacun devrait avoir ses propres mots pour dire le fond de
sa pensée. Mais on ne se comprendrait plus. C’est pourquoi les hommes sont
condamnés à se servir des mêmes mots pour exprimer des choses différentes. Ni
la mémoire ni les mots ne sont donc parfaits. Ainsi notre travail consiste à
conserver la vérité dans deux calebasses fêlées. On rapporte que l’homme blanc
a dû créer des machines pour se souvenir de ses propres paroles. On raconte que
ces machines sont capables de répéter fidèlement chacun de ses mots même après
plusieurs années. Cela montre bien l’importance de notre rôle puisque même
l’homme blanc a besoin d’un griot. »
p.
67 « Les deux hommes écoutaient la nature s’éveiller, et chacun attendait
que l’autre apportât un peu de bois au feu de la conversation qui s’éteignait.
Ils compensaient la pauvreté des sujets par une gaîté sincère, assis dans cette
gêne des premiers instants où le désir de se parler se heurte souvent au manque
d’imagination. »
28 novembre 2006
Alain Bron, Charles Fourier, Godin de Guise, "le fonds du toucheras"
Dans "L'usine nouvelle" du 23 novembre 2006, page 9 un clin d'oeil! Je cite "Le familistère texan de Toyota. Le constructeur le plus dynamique du monde serait-il en train de remettre au goût du jour les méthodes paternalistes du français Charles Fourier, l'inspirateur du familistère Godin de Guise, dans l'Aisne? Il va investir 9 millions de dollars dans une clinique réservée aux salariés de son usine de San Antonio, au Texas. Décision d'abord motivée par des impératifs économiques. Car la prise en charge des frais de santé des salariés américains de Toyota représente 11 000 $ par ans et par employé. Une somme qui justifie le retour à Fourier!
Plus que paternaliste j'aurais qualifié Fourier d'utopiste mais je ne suis pas spécialiste et je conseille à ceux que ce sujet intéresse de lire l'excellent ouvrage d'Alain Bron "Le fonds tu toucheras".
21 novembre 2006
Les Bienveillantes
Comme promis, voici la contribution de S.L qui anime le club de lecture dont il a été question dans un message récent. S.L. nous précise qu'il s'agit de ses "notes de lecture sur Les Bienveillantes. Ce n'est pas une
présentation du livre mais plutôt un ressenti".
"LES
BIENVEILLANTES" par S.L
Tout a été dit sur ce livre qui, malgré
les atrocités qu’il rapporte, nous fascine, nous « happe »…
Au-delà de la fresque historique (souvent
passionnante) et de la force d’évocation
dont fait preuve son auteur, « Les Bienveillantes » est un livre troublant car il amène à se poser des questions
dont les réponses paraissent de moins en moins évidentes, au fur et à mesure de sa
lecture. Et ces questions nous
accompagnent bien après l’avoir terminé.
Au départ, le narrateur/héros nous prend pour témoin et nous réagissons en nous questionnant nous-mêmes, en réponse à ses invectives ; il nous dit, en parlant de ses crimes :
« vous aussi vous l’auriez fait !», et si dans un premier temps nous
réagissons de façon épidermique en disant « sûrement pas ! » au
fil du livre nous sommes forcés de nous interroger plus profondément sur ce que
serait notre capacité réelle à résister à un environnement totalitaire et
manipulateur et à être, non le tortionnaire « actif » décrit par l’auteur, mais plus
subtilement celui qui par sa passivité ou par des actions indirectes, participe autant que d’autres à la barbarie.
Autre question troublante : pourquoi
ressentons-nous de l’empathie (empathie n’est certes pas sympathie !) pour ce héros tortionnaire ? Comment, ce type est un bourreau et un lâche, il participe à ce que les SS ont
fait de plus atroce pendant la guerre, et au fil des pages et des horreurs qui
sont décrites, nous arrivons à vivre à
ses côtés et même à espérer que, dans un sursaut salutaire, il s’en
sorte ! Car ses fêlures, sa
culpabilité, qui s’exprime dans ses dérèglements physiques et psychologiques
(ses crises d’hallucinations), créent un sentiment de proximité qui nous font
espérer qu’il finira bien par s’insurger contre ce qu’on lui fait faire et qu’il fait bel et bien. Peut être est-ce son côté, habilement
décrit, d’homme fin et cultivé qui
nourrit notre intérêt, ou bien cherchons-nous tout simplement à comprendre à travers ce personnage, les raisons qui poussent un être humain à devenir un
monstre ?
Nous ne pouvons que réfléchir à la question de l’existence des
« idéologies de décervelage » avec leurs cortèges de grande messe,
leur utopie rationalisée et leur
profession de foi : sont-elles encore possibles et saurions nous y
résister? Tel qu’il est décrit, une
résurgence de ce que fut le nazisme nous paraît impossible à nous qui vivons
dans une démocratie confortable, mais les entreprises de décervelage peuvent
prendre des formes subtiles et élaborées et en sommes nous vraiment à l’abri même aujourd’hui?
Enfin, en tant que lecteur pourquoi ne
fermons-nous pas le livre quand il atteint aux limites de l’horreur ?
Quelle est la nature du sentiment que
nous ressentons, fascination, voyeurisme, insensibilité (après tout, ce n’est
qu’une fiction) ? Il est très
troublant d’être à ce point captivé par un livre qui baigne dans la souffrance
et la haine."






