22 mai 2009
Une de mes prochaines lectures ou simplement un collector
10 mai 2009
Des souris et des hommes John Steinbeck
Un vrai moment de bonheur
Merci au papa de Marie Laurence qui, à l'occasion du dernier loto de l'Ecailler du Sud, rapporta la savoureuse anecdote et le plaisant quiproquo qui lui firent découvrir "Des Souris et des Hommes". Son enthousiaste, son admiration inconditionnelle pour l'œuvre de Steinbeck et sa force de conviction aboutissent inévitablement à ce que les lecteurs insatiables, à la recherche de nouvelles émotions, partent à la rencontre de ce grand écrivain.
Pour tuer le temps, alors qu'il effectuait son service militaire en Allemagne, il fut attiré par la couverture d'un ouvrage dont le titre laissait présager des passages plus ou moins croustillants voire libertins. Il emprunta donc au foyer du soldat "Des souris et des hommes" qui semblait correspondre aux centres intérêts de jeunes hommes sous les drapeaux... C'était son premier vrai livre. Le résultat alla au delà de ses espérances, puisque passé le choc de la découverte de la lecture, il dévora l'œuvre de John Steinbeck et s'embarqua dans un monde merveilleux qu'il n'a jamais plus quitté à savoir celui des livres.
La Préface.
Ce livre est bref. Mais son pouvoir est long.
Ce livre est écrit avec rudesse et, souvent, grossièreté. Mais il est nourri de pudeur et d'amour.
Certains auteurs de l'Amérique du Nord disposent d'un secret impénétrable.
Ils ne décrivent jamais l'attitude et la démarche intérieures de leurs personnages. Ils n'indiquent pas les ressorts qui déterminent leurs actes. Ils évitent même de les faire penser.
"Voilà ce qu'a fait cet homme ou cette femme.Et voilà leur propos. Le reste n'est pas notre affaire. Ni la mienne", semblent dire au lecteur Hemingway, Dashiell Hammet, Erskine Caldwell, James Cain.
Une approche aussi superficielle en apparence devrait, logiquement, exclure toute perspective profonde des êtres et, en eux, tout cheminement spirituel. Ils ne devraient pas avoir de substance, de densité humaine, de vérité.
Or,-et c'est le mystère- ils vivent tous avec une intensité et une intégrité merveilleuse. Avec leurs poids de chair. Avec le mouvement du cœur et les reflets de l'âme.
L'écrivain s'est borné à reproduire les contours les plus simples, à répéter des paroles banales et vulgaires. Et à travers cette indigence, cette négligence barbares, il accomplit le miracle.
Tirées du néant au sein duquel elles reposaient avant qu'il eût pensé à elles, ses créatures, tout à coupe existent. On sent leur souffle et leur présence. Elles s'imposent; Elles obsèdent. Le sang le plus authentique les anime.
Et ce que l'auteur ne s'est pas soucié de faire savoir à leur sujet nous le devinons, nous l'entendons, nous en prenons une certitude intuitive.
Un art singulier nous conduit à combler les vides et les blancs du dessin. Nous achevons le travail du romancier. Nous complétons le canevas. Nous remplissons la trame.
Le livre une fois fermé, ses personnages sont passés en nous, pas seulement avec leurs visages, leurs épaules, leurs rires, leurs gémissements et leurs meurtres, mais avec leur identité la plus secrète, leur plus souterraine vérité.
Le récit de Steinbeck Des Souris et des Hommes vient s'ajouter à cette série magique.
Rien de plus pauvre comme moyens. Rien de plus brutal comme ton... Les dialogues forment la plus grande partie de l'ouvrage et les mêmes mots éculés y reviennent sans cesse.
Pourtant l'amitié informe et invincible nouée entre Lennie, le doux colosse innocent aux mains dévastatrices, et son copain George, petit bonhomme aigu, a une beauté, une puissance de mythe.
Pourtant la ferme où ils travaillent, les journaliers agricoles qui les entourent, les bêtes et les choses qui les touchent- depuis Slim le roulier, demi-dieu rustique, jusqu'au vieux Candy, jusqu'à la femme en chasse, jusqu'au misérable palefrenier noir et au chien condamné et au révolver rouillé- tout baigne dans la mélancolie, le drame ample et triste. Et dans la poésie.
La prairie sauvage et le rêve le plus humble, le plus tendre,vivent dans ces vagabonds, dans ces brutes mal détachées de l'animal et de la terre. Le grand vent, la grande plaine, la grande pluie et les grandes tristesses circulent autour d'eux.
Et quand, sur la berge sablonneuse de la Salinas dormante, se défait, par un sacrifice atroce et magnifique, l'aventure de Lennie, l'innocent qui aima tant caresser les peaux des souris, les poils des chiots et des cheveux brillants des femmes, une admiration profonde et stupéfiante se lève pour l'auteur qui, en si peu de pages, avec des mots si simples et sans rien expliquer, a fait vivre si loin , si profondément et si fort.
Que dire, après cette préface signée Joseph Kessel, si ce n'est exprimer le grand moment de bonheur que procure la lecture de cette œuvre.
04 mai 2009
La mort n'oublie personne : Didier Daeninckx à la TV
Si vous ne regardez pas le foot, enregistrez sur la 2 le téléfilm de Laurent Heynemann. "La mort n'oublie personne" d'après le livre de Didier Daeninckx. Rappelons que le film fut présenté en avant première lors du dernier Festival du Polar Méditerranéen de Villeneuve les Avignons dont l'invité d'honneur était, vous l'avez deviné, Didier Daeninckx.
01 mai 2009
Cadavre d'état : Claude Marker: Editions Carnetsnord
Cadavre d'état de Claude Marker est publié aux éditions CarnetNord
Coralie Le Gall, jeune femme de bonne famille, commissaire de police dans le 3° arrondissement de Paris, a du surmonter, il y a quelques années, une effroyable épreuve. Elle ne vit plus que pour et par son métier et n'a qu'une seule obsession rendre ou faire rendre la Justice.
"Etre mort et faire semblant de vivre. un rôle comme un autre. Le mien maintenant".
"Comment fabriquer un policier prêt à tout pour nettoyer la société, courageux, rigoureux, coriace, acharné, un flic enragé? La réponse que l'ai: Prenez une femme, et faites tuer son petit enfant par un salaud, par exemple un chauffard alcoolo."
Elle se jette à corps perdu dans ses missions, n'hésite pas à affronter,sur leur terrain, les criminels petits ou grands. Les confrontations même dangereuses ne la font pas reculer bien au contraire. Ses équipiers dévoués, fidèles, aux personnalités marquées et dissemblables manifestent à son égard une confiance absolue. Elle apprécie leur professionnalisme et leurs qualités humaines, ils forment en cela une équipe soudée.
Un soir, un cadavre est découvert sur le parking d'une grande surface en périphérie de la capitale. Les premières constatations tendent à montrer que le "crime" ou le "suicide" n'a pas pu se dérouler à cet endroit. La personnalité de la victime, sa tenue vestimentaire, sa rolex, - et oui ayant plus de la cinquantaine il ne donnait pas l'impression d'avoir raté sa vie jusqu'à ce jour fatidique - intriguent le commissaire. Elle va tout mettre en œuvre pour ne pas admettre précipitamment la thèse du suicide qui lui est fortement suggérée et qui semble convenir à beaucoup de gens.
Hubert de Vaslin, évolue dans les sphères du pouvoir, ami très proche et conseiller d'un haut personnage de l'état, homme cultivé, riche, soucieux de son indépendance, mais lassé de sa fonction il désire la quitter pour se consacrer à sa passion Leibniz et à l'enseignement. Sa disparition est l'occasion rêvée pour Coralie le Gall de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Elle va enfin pouvoir régler ses comptes avec la société en général et en particulier celle dont elle est issue et qu'elle rejette. Son enquête est l'occasion de visiter la face cachée des palais de la république, de pénétrer l'intérieur d'appartements bourgeois, d'observer les comportements et les motivations des hommes de pouvoir. Les agissements des différents protagonistes ne contribuent pas à redorer le blason de la classe politique et dénote une révolte et un réel désenchantement. Les détails, la précision des descriptions, les codes utilisés, donnent un certain crédit à la thèse selon laquelle l'auteur a côtoyé de près ce milieu.
"Cadavre d'état" est un roman policier construit sur une intrigue classique, qui met en place de nombreux rebondissements et piège le lecteur régulièrement. L'argot apporte la pointe d'humour nécessaire, mais certains mots n'ont pu me livrer leur secret. Peut être relèvent-ils d'une langue régionale ou d'un jargon que je ne maitrise pas. Un glossaire n'aurait peut-être pas été inutile.
La lecture de cet ouvrage m'a plongé dans l'ambiance des films politiques italiens des années 70, L'affaire Mattéi est le premier qui vient à l'esprit, et bien sûr Cadavres Exquis les deux de Francesco Rosi. Il serait trop facile (?) de faire un lien avec des évènements douloureux qui se sont déroulés dans les années 90. Un téléfilm programmé cette semaine sur une chaine de TV privée revient sur le suicide d'un ancien premier ministre. Le lien avec le suicide à la même époque, dans un bureau de l'Elysée, d'un proche conseiller du Président de la République tombé en disgrâce et dont le profil est proche de celui de la victime est tout aussi évident. Bien entendu l'éditeur et l'auteur mettent le lecteur en garde contre ces rapprochements "Quant la réalité dépasse la fiction d'hier....".trouve-t-on page 10
Au delà du plaisir que j'ai eu à lire ce roman policier des interrogations persistent.
Quelle est l'origine de ce livre? Pourquoi avoir choisi ce sujet? Quelles sont ses sources? Ou plus simplement quelle est la part de Claude Marker dans Corallie Le Gall?
Aurons-nous la chance qu'elle (il) nous réponde?
PS quelques un de mes problèmes avec les jargons, je ne les ai pas tous recensés.
"Déchanstiquer"; une recherche approfondie m'a fait découvrir le dictionnaire de l'argot policier dans lequel on trouve "chanstiquer" mais je n'ai pas trouvé déchanstiquer.
Avoir les "flubes" figure par contre dans le dictionnaire de l'argot
"galeteux" est introuvable dans les dictionnaires spécialisés que j'ai consultés mais il est souvent employé dans de nombreux messages sur internet ..


















