02 décembre 2006
"La croisière jaune" : Zolma
Les habitués du blog auront déjà noté l'intérêt que suscite ce livre et son auteur .
J'avoue être intéressé autant par les ouvrages que par ceux qui les écrivent. L'écriture activité principale ou non est un sujet très souvent abordé. Beaucoup sont obligés d'exercer une activité professionnelle pour vivre. (A titre d'information, un seul auteur présent la semaine dernière au "Polar dans tous ses états" a dit pouvoir enfin vivre de ses livres). Considérons que l'expérience professionnelle peut être une source d'inspiration pour leurs travaux. Dans un prochain billet il serait peut-être intéressant de faire un bilan des professions exercées par les auteurs.
J'ai tout d'abord eu le plaisir de rencontrer Zolma il y a une semaine à La Destrousse.
Nous avons fait connaissance en évoquant son rapidement son parcours professionnel. Quitter le monde de l'entreprise et un poste de cadre avec de nombreuses responsabilités pour rentrer dans l'enseignement - métier : dévalorisé, difficile, déconsidéré, décrié, décourageant, démoralisant, discrédité, décevant, débonnaire, démodé, dépensier, doré, digne, dévorant, divisé, déclinant dynamique petit jeu : compléter cette liste avec des adjectifs commençant par d comme débile!)- pour se retrouver en ZEP avec tout ce que cela implique n'est pas chose si courante et ne peut s'expliquer que par une forte motivation.
Je me suis embarqué avec Lily Verdine dans la "Croisère jaune" et je n'ai pas été déçu. Il s'agit d'un polar classique dans lequel on retrouve tous les codes du genre. L'intrigue et ses multiples rebondissements où s'entrecroisent trafic ignoble, meurtres et petites forfaitures est très bien construite. Les personnages le (la) privé(e), les flics, les truands, les escrocs, une bande d'anars rangés des voitures mais toujours prêts à aider, évoluent au sein d'une société dénoncée par Zolma qui affiche haut et fort son point de vue. Rajouter à cela un style agréable, un point de vue original le héros est une héroïne, ce qui a permis d'entretenir un léger suspens sur le sexe de Zolma et les pointes d'humour permettant de faire passer les passages plus graves.
Cette croisière fut agréable.
Extraits
"Il avait sans doute été refusé de justesse au casting de "la guerre du feu" le front bas les épaules voûtées, je ne veux pas juger les gens sur la mine , mais franchement, pour le prix Nobel, il fallait pas compter sur lui. L'homme descend du singe, il paraît. Lui, il devait être coincé dans l'ascenseur. Sa bipédie tenait du miracle. C'était le chaînon manquant. Le chaînon manqué? plutôt. En tout cas il ne m'a pas donné l'envie de lui fournir des explications...."
"le keuf de faction m'attendait comme si j'avais été l'épouse du ministre de l'Intérieur. Il m'a presque gratifiée d'une révérence et a immédiatement hélé Blacanouyate par l'intermédiaire d'un vieux téléphone à cadran circulaire en bakélite noire. Vraiment pauvre, le service public. Même l'agence Lily Verdine qui tutoyait le dépôt de bilan avec une familiarité d'adjudant-chef face à un deuxième pompe avait opté pour des modèles à touches. ....... Il avait une tronche à faire prêcher un ténia."
Ce style me fait penser à un auteur célèbre, pas vous ?
Commentaires
J'ai eu moi aussi l'occasion de découvrir Zolma à La Destrousse et prit beaucoup de plaisir à lire sa croisière jaune. Nous avons eu l'occasion de parler de la difficulté d'écrire au féminin pour un homme : je dois dire que Zolma a réussi cet exercice avec beaucoup de succès. A découvrir d'urgence.
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